•     Qu'il existe ou pas,

    l'essentiel...,       

     

     

     

     

    ....c'est Dieu.

      

     

    <o:p><o:p>    Aux frontières de la science..., il y a un ultime mystère fondamental. </o:p></o:p>

    <o:p>  <o:p>

    « Il est Un »

    Où que l'oeil se pose, là est Dieu!

     

     On ne peut nier l'existence de la question de «Dieu». On serait tenté de le considérer comme inaccessible à notre philosophie, comme un agnosticisme radical. Mais c'est oublier un peu rapidement le but de la science, qui par approximations successives et objectives permet, en principe, de cerner un phénomène aussi complexe soit-il. Car rappelons que la méthode scientifique suit une dialectique analytique capable de résoudre des problèmes métaphysiques

     

     

    La meilleure preuve est la recherche des théories unifiées en physique ou l'origine du Big Bang, des concepts essentiellement métaphysiques qui, peu à peu, tombent dans le champ des sciences fondamentales.

    Si le chercheur est en mesure de décrire la nature - c'est le but de la science - le mystique cherche à la comprendre. Le problème de l'existence d'un Créateur remonte aux traditions mystiques, aux croyances populaires qui virent l'épanouissement des religions.

     

     Aux frontières de la science, les pères fondateurs des sciences modernes ont tous reconnu l'existence d'un ultime mystère fondamental à mi-chemin entre matérialisme et religion.

      Leurs propos sont éclairants car ils concourent à l'idée que la marche de l'Univers est marquée d'un sens profond.

     

        Voyons ce qu'en pensaient les plus célèbres d'entre eux.

    Werner Heisenberg reconnaissait que    "la physique atomique moderne a bousculé les sciences de la nature hors du sentier matérialiste sur lequel elles se tenaient au XIXeme siècle".

     Selon Max Planck, "la preuve la plus immédiate sans doute de la compatibilité de la science et de la religion est le fait historique que les plus grands chercheurs scientifiques de tous les temps, des hommes comme Kepler, Newton, Leibniz aient été pénétrés d'une profonde religiosité".

     

     Laplace avait déjà dit que  pour établir son "équation du Monde" il n'avait pas eu besoin de l'"hypothèse Dieu". Mais s'il avait dû en tenir compte,Dieu n'aurait pas été une hypothèse.

    Einstein avait estimé que la connaissance du monde était un chemin vers la connaissance de Dieu:  "Ma religion disait-il, c'est la certitude profondément ressentie qu'il existe une Raison Supérieure qui s'ouvre à nous dans le monde accessible à la connaissance".

    Arthur Eddington ressentait la même impression : "La nouvelle conception du monde physique permet de défendre la religion de l'accusation d'être incompatible avec la physique".

    Max Planck s'exprimait ainsi : "Dans la diversité des phénomènes d'une nature dans laquelle nous, les humains, sur notre petite planète, jouons un rôle si insignifiant, règne un système de lois déterminé qui est indépendant de l'existence de l'homme pensant, mais qui, néanmoins, dans la mesure où il peut être saisi par notre conscience, autorise une formulation qui corresponde à une activité dirigée en fonction d'une fin. Cette finalité constitue un Ordre universel rationnel auquel sont soumis la nature et l'humanité".

     

     Harnold Shapley estimait qu'à côté de l'espace, du temps, de la matière et de l'énergie, il devait exister un cinquième élément: "Il est vraiment difficile disait-il, de douter de son existence… Nous pourrions l'appeler Direction, Forme, Force, Volonté Toute-puissante ou encore "Conscience". Mais en tous cas ce doit être un concept qui s'accorde à l'échelle de l'univers".

    James Jeans considérait l'Univers "comme une grande Pensée plutôt que comme une grosse machine. L'esprit ne se manifeste plus dans le royaume de la matière comme un intrus de hasard. Nous commençons à sentir que nous devons le saluer comme le Créateur et le Seigneur du royaume de la matière".

      

    En observant la beauté de la nature, Camille Flammarion percevait également la présence de Dieu : "[…] Si vous connaissez les lois et le mécanisme de cette nature, pouvez-vous ne pas saluer la Suprême Raison qui parle à haute voix à travers le voile de la matière ? Ombres du soir qui ondulent sur les pentes des montagnes, parfums de forêts, petites corolles inclinées des fleurs, rumeurs sans fin de l'océan, silence profond des nuits étoilées, tout parle de Dieu de manière plus belle et plus convaincante que tous les livres des hommes".

    Bacon, Linné, Butlerov ou Wallace s'insurgèrent contre le matérialisme et considéraient que le Créateur se manifestait dans sa création. Ainsi F.Bacon écrivait : "Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science rapproche de lui".

     

    Le père jésuite Teilhard de Chardin essaya également de concilier la religion et la science. Même les grands penseurs du XXème siècle, tels Bergson, Whitehead ou Jaspers ont proclamé l'éminente valeur de la religion.

    Tous ces grands esprits nous forcent à conclure qu'on ne peut donc plus suivre les arguments de la littérature antireligieuse qui voit la religion comme le signe de l'ignorance de l'homme primitif qui ne connaissait pas les lois de la nature. (...)

     

    Bien sûr des dérapages existent. Aux Etats-Unis par exemple, la société libérale considère la parole Divine comme une valeur refuge à la mode, sur laquelle est greffé un coefficient économique de rentabilité. A côté de ces égarements, de nombreuses communautés chrétiennes attirent des milliers d'adeptes, principalement aux Etats-Unis et en Europe, où l'on retrouve le mouvement "Jesus Revolution" et la "Communauté de la Réconciliation".

    Le dialogue théologique entre croyants et non croyants engage même les communistes qui dans les années 1970 en Amérique latine parlaient du "combat social des chrétiens" face à la dictature chilienne. La religion devient en quelque sorte "l'opium du peuple". (.....)

     

    En fait, la pensée religieuse est déterminée par la façon dont chacun(e) règle sa conduite en fonction de ses idéaux. L'Histoire nous montre bien comment la religion a révolutionné la culture du monde, en changeant l'art et l'évolution de la science.

      

         La cause première 

     

    La religion se base sur le concept de Révélation. (...)

    Pour certains il s'agit d'une foi aveugle en une puissance divine qui n'a pas de justification rationnelle. Si les croyants les plus fervents peuvent y trouver une harmonie, une synthèse de principes adaptés à leur morale ou à leurs préoccupations, ces concepts sont aussi la source de conflits car cette attitude irrationnelle, fixiste, relève du dogmatisme. 

    Certains diront que si nous sommes passés du mythe à la prolifération des religions monothéistes, cela prouve aussi la faiblesse des religions qui contraignent souvent la liberté de leurs adeptes, les empêchant de s'adapter à l'évolution de la pensée humaine (...)

     La majorité des gens témoignent en effet en faveur d'une religion "à  visage humain", moins autoritaire et dogmatique mais plus intuitive et compréhensive dont les manifestations spirituelles et l'éthique guident leur personnalité. En fait on retrouve l'idée émise par Bergson qui considérait que l'origine de la foi remontait à l'intuition des premiers prophètes, enrichis par une expérience religieuse dont ils avaient le sentiment qu'elle reflétait un Principe supérieur, authentique et intelligible, capable d'affecter la vision de notre nature. C'est la conscience de ce "moi" et ses conséquences intellectuelles indicibles qui se cristallisèrent sous forme de concepts et de symboles.  

     

     Einstein partageait ce sentiment : 

     "J'éprouve l'émotion la plus forte disait-il, devant le mystère de la vie. Ce sentiment fonde le beau et le vrai, il suscite l'art et la science. […] Auréolée de crainte, cette réalité secrète du mystère constitue aussi la religion. Des hommes reconnaissent alors quelque chose d'impénétrable à leur intelligence mais connaissent les manifestations de cet ordre suprême et de cette beauté inaltérable. Des hommes s'avouent limités dans leur esprit pour appréhender cette perfection. Et cette connaissance et cet aveu prennent le nom de religion. Ainsi, mais seulement ainsi, je suis profondément religieux, tout comme ces hommes. Je ne peux imaginer un Dieu qui récompense et punit l'objet de sa création. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui réglerait sa volonté sur l'expérience de la mienne. Je ne peux pas et je ne veux pas concevoir un être qui survivrait à la mort de son corps. Si de pareilles idées se développent en un esprit, je le juge faible, craintif et stupidement égoïste. 

     

     Il y a deux manières de vivre votre vie. La première est de penser que rien n'est miraculeux. L'autre est de penser que tout est miraculeux. Einstein.

     

    Je ne me lasse pas de contempler le mystère de l'éternité de la vie. Et j'ai l'intuition de la construction extraordinaire de l'être. Même si l'effort pour le comprendre reste disproportionné, je vois la Raison se manifester dans la vie".

     Le mystère attaché à la vie et au sens de l'Univers suscite une dialectique philosophique, soulevant une réflexion critique sur les croyances et les idées que véhiculent les civilisations. Car peut-on réellement comprendre "les causes premières et les fins dernières" de l'univers sur les seules bases scientifiques ? Nos facultés nous permettent-elles de juger de telles propositions ?

    Affirmer ou nier une proposition devient croyance aux yeux d'un psychologue et la notion en devient d'autant plus équivoque. La dialectique, la cohérence logique et notre sauvegarde, mais ce terme sous-entend qu'il existe une solution. Or, sur ce sujet la dialectique ne permettra probablement pas de rejeter une thèse plutôt que l'autre, car par sa nature, l'homme est existence, spirituel, rejoignant l'expression de Descartes : "Cogito ergo sum", je pense donc je suis. Comme l'a dit Edgard Morin, il fa udrait plutôt utiliser le terme "dialogique", lequel n'implique aucune solution.

    Cette difficulté de penser nous conduit à reposer le problème du jugement et à faire un détour par la philosophie. Kant disait "Penser, c'est juger". Nous pensons à travers des structures intellectuelles, ce qu'il appelle des "catégories", des concepts posés a priori. Ces catégories nous permettent d'organiser nos intuitions. Ainsi pour Kant un phénomène peut être expliqué dès lors qu'il reflète l'unité du "Je pense". Mais il considère que la Nature, indépendamment de notre réceptivité, de nos sensations, nous restera à jamais inconnue. La réalité n'existe donc qu'à travers nos sens. Mais il entend aussi démontrer que passant par nos sens la connaissance aboutit au raisonnement, la raison pure.

     

    Kant s'oppose ainsi à Platon et à toutes les pseudosciences en commençant par la métaphysique. Il différencie la description basée sur l'expérience, qu'il appelle la "physiographie" de la science qui prétend retracer l'histoire de la nature, la "physiogonie". Une idée qui ne correspond pas à une réalité empirique dit-il, ne peut avoir de solution véritable. Si on ne peut justifier un phénomène et qu'on déborde du stricte champ de l'expérience, cette donnée fera fonctionner la machine conceptuelle à vide. Cette ambitieuse intuition dépasse la raison humaine. Kant conclu que, malgré notre sagesse, l'homme appartient au monde, il n'est pas Dieu.

     

     Baruch de Spinoza et Immanuel Kant. 

     


    Avant lui, Spinoza s'était également livré à une critique ontologique de l'idée de Dieu. Il voyait dans la matière l'expression de la substance divine : "Tout ce qui est est en Dieu et rien ne peut sans Dieu être ni être conçu". Pour Spinoza le Monde est Dieu. Il  considère que Dieu appartient à l'Univers, qu'Il fait partie de la Nature. Mais comment peut-on le croire ? Rationnellement parlant, depuis que l'Univers est né à l'instant du Big Bang ce qui était uni a été séparé, le monde a été envahi de prédateurs et de proies ayant les uns comme les autres la mort pour horizon. Ces caractéristiques n'ont rien de commun avec la perfection dont parle le Créateur. Je suis respectueux de la philosophie de chacun, mais comme le disait Woody Allen, "je ne sais pas si Dieu existe mais, s'il existe, j'espère qu'il a une bonne excuse". Pour celui qui est rationnel ni le monde, ni l'homme ne sont Dieu. La Vérité dont parle Kant est semblable à une île inaccessible. Cette réalité est au-delà de notre entendement, telle "un livre scellé".

    Aux propos de Spinoza, Kant rétorque que "cette preuve n'est qu'une supposition […] car l'existence n'est pas un attribut qui caractérise un sujet […], elle ne fait que le poser dans l'être". Dieu demeure un Idéal, "La réalité objective de ce concept ne peut pas être prouvée […], mais elle ne peut pas non plus être réfutée". Il est vrai que ces visions divines sont quelque peu mystiques et sont très éloignées du rationalisme occidental. Elles rencontrent toutefois l'approbation des sages orientaux.

    Mais il faut souligner que tout phénomène nerveux ne s'accompagne pas de conscience. Les plantes carnivores ou le mimosa pudique par exemple disposent d'un système nerveux élémentaire et les tournesols tournent toujours leurs fleurs vers le Soleil; faut-il pour autant leur attribuer une âme comme le croyait le physiologiste Fechner au XIXeme siècle ?…

    Si nous pouvons exprimer des assertions libres de toute relation subjective, en filigrane transparaît une question : des croyances polythéistes des Anciens au Dieu Créateur judéo-chrétien, reste-t-il une place pour une conception athéiste ? Selon Pascal, il convient d'expliquer les lois de la nature "tout d'abord par le force d'esprit sans recourir à une intervention divine"… sauf en cas d'absolue nécessité. Plusieurs philosophes partagent ce point de vue en prenant l'argument scientifique comme principe opposé à l'irrationalisme divin. Mais en posant que notre idéal est une création humaine (existentialisme athée), ils renoncent aussi à justifier totalement "la force d'esprit" de Pascal. Si l'athée renonce à l'idée d'Absolu, tout redevient matériel, où il n'existe qu'un seul ordre de réalités : la matière. Par définition cette conception n'est pas réaliste car elle ne garantit pas l'objectivité. Elle est de plus fragmentée car ce matérialisme ne permet plus de relier l'esprit et la matière.  

    René Descartes, Blaise Pascal et Nicolas Malebranche. Documents CNM.

     

    Le cogito cartésien de Descartes propose une notion plus complète de cette idée mais elle reste anthropocentrique, spiritualiste. Il déclare que "Dieu est une partie immanente de l'homme", réflexion qui fut déduite des propos même du Christ qui disait par la bouche de Daniel : "Je suis le fils de l'homme", c'est-à-dire l'homme des origines. Cette expression sous-entend également que "l'existence est l'essence de l'Etre parfait".

    Pascal s'opposera au Dieu intellectuel de Descartes car il lui reproche de chercher le chemin qui monte vers Dieu alors que c'est Dieu qui trouve le chemin qui conduit à l'homme.

     Pascal se détache de l'intellection de Descartes dont il fait une profession de foi. Il finira par le considérer comme "inutile et incertain", faisant fi de la raison qui ne peut convaincre les sens.

    Nous avons vu plus tôt qu'une supposition, un "concept" n'est pas le réel mais une abstraction (bien que la pensée soit en interaction avec le réel lorsque nous prenons une décision verbale ou motrice). En approfondissant l'idée émise par Descartes, dans l'absolu le monde pourrait ne pas exister. N'ayant pas de raison d'être, donc étant imparfait, il convient de rechercher ailleurs le sujet ayant cette raison d'être en lui-même, ce qui implique que l'Etre absolu devient nécessaire. Si l'essence dont parle Descartes fait donc partie de l'être, la pensée participe donc à reconnaître l'être. Autrement dit, nous avons une réalité spirituelle (cogito).

    Descartes soutient que  "l'homme ne doit pas avoir la prétention du pénétrer les desseins de Dieu", confirmant l'opinion de Platon ou d'Aristote. Mais Kant, chef de file des rationalistes garde une place de choix pour l'expérience; dans ce cas la "cause première" aristotélicienne n'est pas accessible car contradictoire de facto et seule reste sa finalité. Nous avons remarqué plus haut que celle-ci n'a pas de sens scientifiquement parlant.

    En résumé, si la nature traduit l'harmonie de l'ordre, elle est forcément suspendue à une cause intelligente. Mais la science nous démontre l'inexactitude de ce principe. "En fait, écrit le philosophe cartésien Malebranche, ni du point de vue scientifique ni du point de vue théologique il n'apparaît que le monde soit fait pour l'homme. De toute façon, il paraît impossible de soutenir que la finalité de l'univers, si elle existe, soit parfaite". Mais si on tient compte du désordre ou de l'imperfection de l'univers, cette contradiction permet-elle de conclure en l'existence d'une cause, d'une organisation universelle, tel le démiurge de Platon qui serait non pas le créateur mais l'architecte de cet ensemble ?

     

    La non-violence

    Nous savons que cette preuve ontologique demande une preuve scientifique au travers de la cosmologie et de la physique des hautes énergies.  

    Se pose alors une contradiction, spirituellement parlant : si l'homme aspire à la perfection, comment peut-on expliquer l'imperfection de l'Univers et les situations "absurdes" de nos bas-monde ou la vie pervertie des hommes ?

    Cette question paradoxale présente dans l'esprit humain depuis le Livre de Job et dans les doctrines étrangères telle celle de Zarathoustra met le doigt sur la personnification du mal. "Le Royaume de Dieu souffre violence disait le Christ, et ce sont les violents qui s'en emparent"

    Mais si nous pouvons aujourd'hui affirmer que là où il n'y a pas de conscience, il n'y a ni mal ni péché, on peut considérer cette question à la lumière des forces du Chaos dont parle l'Ancien testament, autrement dit en langage moderne, d'un point de vue thermodynamique.

    A travers la science, si nous pouvons hisser l'esprit humain jusqu'au savoir absolu, celui dit en suspens que rien ne se crée :

     

    "Au fur et à mesure que croît l'entropie écrit Wiener, l'Univers et tous les systèmes clos qu'il contient ont tendance à s'user et à perdre leur détermination, et tendent à passer de l'état de moins probable au plus probable, de l'état d'organisation et de différenciation, où existent des différences et des formes, à un état de chaos et d'uniformité".

     

      Paradoxalement, la nature est dénaturée, en ce sens que son unique réalité se justifie sans référence à Dieu, comme le produit d'une simple transformation d'énergie. L'homme peut ainsi justifier rationnellement la nature de Dieu, puisque tout en résulte. Cette conception est toutefois trop cloisonnée car elle rejette l'irrationnel et se base sur des préjugés qui ne justifient pas l'évolution de la pensée. Il peut arriver qu'un phénomène dépasse la raison sans pour autant être irrationnel ou contredire une théorie. La découverte des nombres irrationnels n'a pas pour autant limité notre savoir.

    Si l'on se fie à l'intuition de Descartes, l'ordre des valeurs est conditionné par l'existence de l'esprit, mais pas un esprit orgueilleux et revendicateur qui décide de la souffrance et de la mort de n'importe quel être vivant. Dans l'absolu, il affirme la réalité de Dieu : Dieu est esprit, c'est-à-dire ordre du cogito et valeur morale ou esthétique fondamentale, deux valeurs que l'on retrouve dans le Bien et la Proportion chez Platon. Ce raisonnement poussé jusqu'au bout rend l'univers intelligible, à l'instar des mathématiques qui ont le "pouvoir" de pénétrer l'ordre de la Nature. Si Dieu est "cause première", donc Créateur, Descartes conclut  :   

     "Je suis, donc Dieu est".

     

     

    Source : http://www.saetawwin2.org/~stw2/

    L'apprentissage de la liberté.

    </o:p></o:p>

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     <o:p><o:p>Pour sa part Bergson voyait dans notre libre arbitre et le désordre qui quelquefois peut en résulter une preuve de l'existence de Dieu qui, disait-il, a fait preuve de son infinie bonté en nous permettant de disposer de notre destin. Mais le criticisme de Kant lui aurait répondu que Dieu nous avait laissé croire que nous n'obéissions qu'à nous même… Et comme le disait le poète A.Tolstoï : "Dans le combat de la mort et de la naissance, la divinité a posé le fondement de la pérennité de la création, de la poursuite du cours de l'univers, du triomphe de la vie éternelle". </o:p></o:p>

    <o:p><o:p>

    Arguments et contre-arguments des protagonistes finissent par conclure que la Foi religieuse peut emboîter le pas de la science.  

    Mais cela a-t-il un sens de dire que le monde existe s'il n'y a personne pour s'en rendre compte ? Autrement dit, existe-t-il réellement une doctrine dans laquelle Dieu est différencié du monde sensible ? Un conflit a de tout temps opposé matérialisme et religion sur les questions de savoir comment émergea l'Univers et quel est le destin de l'homme.

    Né au XIIIeme siècle, saint Thomas d'Aquin, dominicain qualifié de rationaliste fait une distinction entre Dieu et le monde de l'homme. Mais il a l'humilité et la prudence de parler de via, viae plus que de preuves. Il distingue :  

    la "cause première", le fait que Dieu déploya le cours des événements selon des règles causales et les "causes secondaires" face auxquelles l'homme a la responsabilité de ses actes.

     Pour les théologiens de cette époque, l'univers pouvait ne pas avoir eu de "début" puisque, par nature, le Créateur était "hors du temps".

    La cosmologie moderne soutient l'hypothèse que l'Univers est peut-être né il y a 15 milliards d'années lors du Big Bang et qu'il pourrait éventuellement, sous certaines conditions, connaître des cycles périodiques de contractions et d'expansions.

    Ces cosmogonies ne sont pas en contradiction avec le point de vue religieux, car scientifiques et ecclésiastiques reconnaissent que la création reste un mystère Absolu, tous deux reconnaissant que le monde fut créé. Comme le disait l'astronome Harlow Shapley :

    "En réponse à la question : pourquoi l'univers existe-t-il ?, nous ne pouvons que nous écrier : Dieu seul le sait !". 

    A.Tolstoï avait également bien analysé la situation qu'il jugea avec beaucoup d'esprit : "Le moyen qu'utilisa le Créateur et qu'il jugea le plus approprié, est inaccessible au savoir du président du comité de censure".

     

     Plus tôt, dans la mystique juive, la Kabbale stipule que si Dieu est omniprésent, il ne peut y avoir de monde. Dieu s'est donc "rétracté en lui-même pour permettre la création du monde ex nihilo. Dans ce "jardin de paradis", "Adam Kadmon", le Vieil Adam symbole de l'humanité est seul responsable de ses actes devant Dieu.

     

    Les textes théologiques nous parlent de ces deux principes : l'un est appelé le retrait éthique  (l'homme est responsable de ses actes), le second le retrait légal (Dieu n'intervient pas sauf exception).

     

     Ce concept matérialiste a été repris par de nombreux philosophes qui distinguent le Dieu esprit, du sujet de Wittgenstein retiré du monde. Cette exigence reflète le rapport et le paradoxe qui existent entre les différents états de conscience. Il existe un sujet "je" conscient de son état (dans "je pense" par exemple) différent du "je" objet d'étude (dans "je marche" par exemple).

    Cette distinction que l'on retrouve chez Schopenhauer, Schrödinger ou Sartre pose les bases d'une doctrine de l'identité qui, grâce à la métaphysique, dévoile bien des illusions. En systématisant la mystique, en objectivant la pensée dans un cadre logique, la science peut enfin légiférer sur le monde sensible. La pensée scientifique révèle alors une métaphore antique : "Connais-toi toi-même" où le point de vue de l'objectivité se reflète dans l'homme, le situant au bord d'un monde extraordinaire tout à la fois indicible et compréhensible.

    À l'opposé de la foi religieuse, le laïque juge que la foi ne peut aller dans une seule direction, ais dans l'esprit du pape Jean-Paul II, la foi catholique a été bâtie sur une seule pierre. Et de rappeler qu'"un monde sans Dieu se tournera tôt ou tard vers une morale qui luttera contre l'humain". Tous les cardinaux catholiques ne partagent pas cet extrémismeCar sous l'hégémonie d'une autorité ecclésiastique où chaque élu siège ad vitam aeternam.

    Si on accepte ce pluralisme des croyances, la foi devient réellement une institution démocratique.

    Mais il faut bienreconnaître que le monde est une communauté de nations et d'Eglises; cette réflexion va à l'encontre de la foi, elle n'est pas œcuménique. En ce sens la philosophie orientale, tibétaine, hindoue ou bouddhique sera de cette plénitude.  

    Si vous souhaitez consulter en ligne : 

    La Bible - Le Coran- Les textes sacrés Hindous

    Les altérations dans la Bible

     Discuter de nos sensations, porter un regard critique sur la gnose, traiter à la fois de psychologie, de philosophie et de science physique impose de rencontrer l'ensemble des faits épistémologiques historiques, les controverses doctrinales et les certitudes scientifiques.

    En occident, ce pluralisme des consciences ne peut se dévoiler rationnellement sans concéder une certaine rigueur dans sa représentation. Dans ces conditions, on peut atteindre l'autonomie nécessaire à l'objectivité de l'être, distinct de son créateur. Mais il est inévitable que chacun(e) ait un point de vue particulier de sa création et de son évolution. Notre rapport avec le monde extérieur n'a donc pas de solution simple et nous devons trouver un consensus parmi ces divers opinions.

    Si le scientifique a besoin de cette clarification,  la raison nous pousse à nous identifier au monde, dans lequel nous sommes une partie indivise :  nous sommes le tableau du monde.

    Une recherche capitale prend forme depuis le milieu des années 1980 sur les sujets du Mal, de l'homme, de Dieu et de la conscience. Mais aujourd'hui il est prématuré d'expliquer tous les phénomènes et concepts. Dieu serait-il Etre parfait, une divinité humanisée ou faut-il le considérer comme une pure abstraction ? Les preuves de l'existence d'un Créateur feront, il ne faut pas le nier, l'objet de longues méditations.

    Finalement, la meilleure et la plus belle réponse est probablement celle-ci, que l'on doit à un personnage resté anonyme  : 

       « L'essentiel c'est Dieu, qu'il existe ou qu'il n'existe pas ».   

     

    </o:p></o:p>

     

     

     

     

     


    2 commentaires
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    Sommaire<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Opinion<o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    L’invention du cosmos
    Sara Schechner

     

    1.<o:p></o:p>

    Frontières de la science

     

    <o:p></o:p>

    Du big-bang à l’éternité
    George Ellis
    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    Et l’inflation fut
    Entretien avec Andrei Linde
    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    L’univers a une préhistoire
    Ivan Briscoe
    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    Cet espace qui nous chiffonne
    Jean-Pierre Luminet
    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    Calendrier de l’univers

     

    2.<o:p></o:p>

    Cosmos, Dieu et nous

     

    <o:p></o:p>

    La science progresse, les mystères aussi
    John Horgan
    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    Quand les mythes volent au secours de la science
    Marcelo Gleiser
    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    Dieu et le big-bang: une rencontre au sommet
    Dominique Lambert
    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    Et si le monde n’avait pas eu de commencement ?
    Sudhanva Deshpande
    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    La fresque
    Une nouvelle d’Alastair Reynolds
    <o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    Sciences et croyances - Le Courrier UNESCO  

    <o:p>Extrait tiré de:   </o:p>


     

    Il était une fois.., <st1:personname productid="la CréationDossier" w:st="on">la Création
    Dossier
    </st1:personname>
    conçu et coordonné par Ivan Briscoe, avec les conseils scientifiques de Jean-Pierre Luminet.<o:p></o:p>

    photo   
      La nébuleuse planétaire MyCn18  
    <o:p></o:p>

      

     

     Voici 400 ans, l’Inquisition romaine condamnait Giordano Bruno à périr sur le bûcher. L’astronome italien avait soutenu que chaque étoile dans le ciel est un soleil semblable au nôtre et que l’espace est infini. La science moderne lui a donné raison.
    Nous explorons toujours les frontières de la cosmologie. Rien, dans ce domaine, ne se situe à l’échelle humaine. Armés d’une théorie de la création — le big-bang
    (pp. 18-20 et 26-27) — les scientifiques recourent aux télescopes, aux formules mathématiques ou à la collision des particules élémentaires pour cerner les premiers temps du temps. Notre univers résulte-t-il d’une expansion initiale, survenue à une vitesse prodigieuse (p.21)? La réalité qui nous entoure est-elle déformée, au point de nous empêcher d’observer la structure fondamentale de la matière (pp. 22-23) et de nous plonger dans un dédale d’illusions optiques (pp. 24-25)?
    Si chaque avancée améliore notre compréhension, il se pourrait que la science approche ses limites. L’apparition de la vie reste inexplicable (
    pp. 28-29) et aucune hypothèse cosmologique ne semble en mesure d’échapper à quelque présupposé métaphysique (pp. 30-31). Déchu de son rôle de démiurge depuis des siècles, Dieu serait-Il, à nouveau, la seule réponse possible à nos interrogations (pp.32-35)? Ou servira-t-Il seulement d’hypothèse transitoire, en attendant que prenne forme une théorie scientifique mettant en jeu, comme dans les mythes hindous, une succession cyclique d’univers (pp. 35-36)?
    Nos origines pourraient bien demeurer un mystère sublime. Et notre future disparition (
    p. 37) une péripétie mineure.

    <o:p>rait de: </o:p>

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  • Le Pari de Pascal

     

    Pensées, Blaise Pascal  (1670)

    Le Pari de Pascal est le nom donné à un passage des Pensées de Blaise Pascal où il met à plat le gain que l'on peut avoir en croyant en Dieu.

    Le but de son exercice est probablement de convaincre ceux de ses contemporains qui prisent beaucoup le milieu du jeu, et seront plus accessibles à ce genre d'argument qu'à des considérations de théologie pure.

     

     

    La démonstration de Pascal

    J'ai trouvé interresant d'ajouter quelques lignes et commentaires (en fond beige et texte en vert) au tableau issu du ,"Pari de Pascal". (Évidemment, cela n'engage en rien Pascal).

    <o:p> </o:p>

    Dieu existe

    Dieu n'existe pas

    Vous pariez sur l'existence de Dieu<o:p></o:p>

    Vous allez au paradis (-b +∞)<o:p></o:p>

    Heu... ! Tout dépend de vos actions et.., de Sa décision !<o:p></o:p>

    Vous retournez au néant (-b +0)<o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

     Mais.., c’est quoi le néant ?!<o:p></o:p>

    Vous pariez sur l'inexistence de Dieu<o:p></o:p>

    Vous allez en enfer (+b -∞)<o:p></o:p>

    Tout dépend de vos actions, intentions et…de Sa décision!<o:p></o:p>

    Vous retournez au néant (+b +0)<o:p></o:p>

    Vous ne pariez pas<o:p></o:p>

    Vous êtes sage ! <o:p></o:p>

    Dieu  décidera!<o:p></o:p>

    Vous êtes sage quand même!<o:p></o:p>

    Vous pariez sur les deux<o:p></o:p>

    Vous être hypocrite! <o:p></o:p>

    Dieu décidera!<o:p></o:p>

    Vous êtes opportuniste!<o:p></o:p>

    <o:p>Évidemment, rendu là, certains pourraient s'objecter en rétorquant séance tenante: «</o:p><o:p>mais qui dit que le Paradis, l'Enfer et  même le Néant, existent ?!</o:p>

    <o:p>Hum mm!!!  Question on ne peut plus pertinente en effet !! <o:p></o:p><o:p><o:p>

     

    </o:p>

     

    </o:p><o:p><o:p>

     

    </o:p>

     

    </o:p>

     

    </o:p><o:p>

    Pas question de fléchir! Va falloir y réfléchir!


    </o:p><o:p>Blaise Pascal : </o:p><o:p>Mathématicien, physicien, philosophe, moraliste et théologien (français).</o:p> <o:p><o:p>

     

    </o:p>
    <o:p>

     

    </o:p>

     

    </o:p>

     

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  •  

     

     


      

     Et si le temps
    n'existait pas ?

     

     

     

     


     

     

      

     

     

    La réalité intemporelle

      

    Le travail des théoriciens spécialisés en physique consiste notamment à développer la théorie la plus générale possible, unifiant les deux théories cadres de la physique moderne que sont la physique quantique et la théorie de la Relativité générale. 

    Pour y parvenir, ces mathématiciens doivent bien comprendre le monde dans lequel nous vivons, du point de vue physique : ses dimensions, les relations qui s'établissent entre ses variables physiques, etc. Ensuite, ils doivent tenter d'imaginer de nouvelles lois, de nouvelles relations qui leur permettraient d'avoir un nouveau point de vue afin de mieux comprendre ce qui se passe à "notre échelle", qui va de l'échelle de Planck à l'échelle de l'univers, un panorama dont la distance d'un extrême à l'autre dépasse de très loin un facteur 100.

    Si leur théorie est complète, elle devrait même prédire ce qui se passe en dessous de l'échelle de Planck. C'est en tout cas tout le bonheur qu'on peut leur souhaiter, mais cela reste un voeux pieux.

    En compagnie de plusieurs physiciens et théoriciens dont nous allons résumer les recherches actuelles, nous allons passer en revue ces différentes étapes, que nous détaillerons dans d'autres articles, en les articulant autour de la notion de temps, un concept que nous avons déjà abordé en thermodynamique, où nous avons constaté qu'il était bien complexe à cerner. 

    Un dernier conseil avant de vous aventurer dans ce monde étrange. Fourbez votre carquoi intellectuel de vos meilleures armes, car, si le voyage que nous vous proposons est extraordinaire, il met votre mental à dure épreuve. Mais rassurez-vous, nous baliserons le chemin pour ne pas vous perdre dans ce labyrinthe spatio-temporel aux dimensions multiples.

     

    La notion de temps

     

    Les physiciens comme les philosophes ont longtemps disserté sur le concept de temps : est-il un absolu, le subit-on, y a-t-il une flèche irréversible du temps, qu'y avait-il "avant" le temps, ... ? Voilà des questions quasi métaphysiques et très difficiles à résoudre mais que certains hommes érudits  n'ont pas hésité à étudier, notamment Platon, Boltzmann, Einstein, Prigogine, Kaku, Hawking et consorts.

    Aujourd'hui, personne ne peut mieux définir le temps que Ferenc Krausz. Dans son laboratoire d'Optique Quantique de l'Université de Technologie de Vienne, en Autriche, en 2004 il a mesuré le plus petit intervalle de temps jamais enregistré.

    Krausz a utilisé les émissions d'un laser UV pulsées à 250 attosecondes pour mesurer le plus petit saut quantique des électrons au coeur des atomes. Les événements qu'ils recherchent durent environ 100 attosecondes (100x10-16 sec), soit 1/100 quintillions de seconde. A une autre échelle, 100 attosecondes correspondent à une seconde comparée à 300 millions d'années. En langage informatique, cela équivaut à un processeur cadencé à près de 1 million de GHz (1015 Hz). Concrètement, le premier chiffre significatif de notre chronomètre digital se trouve à la 14eme place derrière la virgule. C'est très court.

    Bien que ses collègues ne voient pas encore très bien à quoi pourrait servir cette expérience, ils pensent qu'ils lui trouveront un jour une application.

    Mais Krausz est encore loin d'approcher le "temps zéro" ni même la frontière ultime du temps. En effet, il existe en physique une sorte de mur du temps, c'est l'échelle de Planck, bien connue des cosmologistes quantiques et des théoriciens qui étudient le monde à l'échelle quantique. A cette échelle subatomique, les attosecondes ressemblent à des éons.

    Le monde à l'échelle de Planck présente des dimensions inférieures à 10-33 cm et des durées inférieures à 10-43 secondes, soit moins d'un trillion de trillion d'attoseconde, c'est le temps de Planck. Qu'y a-t-il au-delà ou avant cette fraction de seconde ? Tempus incognito. Personne ne le sait. Du moins jusqu'à aujourd'hui.

    L'échelle de Planck marque la frontière ultime, là où s'arrêtent les lois connues de la physique et où commencent les mystères, une région où les distances et le temps sont tellement étroits que les concepts même de temps et d'espace n'ont plus de signification.

    A cette échelle, les physiciens ont besoin d'autres théories pour explorer ce monde étrange. Ces concepts font partie de la famille des théories dites "supersymétriques" car elles mettent sur un même pied d'égalité la matière et l'énergie, les fermions et les bosons : il s'agit des théories de supergravité, de supercordes, la théorie M, la théorie de Tout, etc, autant de concepts très élaborés faisant appel à des univers ayant jusqu'à 11 dimensions ! Voyons ceci en détail.

    Les dimensions de l'Univers

     


    Un univers à 3 dimensions

     

    Notre réalité physique est faite de 3 dimensions spatiales. Personne ne remettrait cette idée en question. Ce n'est même pas une idée ou une impression, c'est la réalité physique. Nous ressentons l'espace tous les jours rien qu'à travers le fait d'évoluer dans cet environnement tridimensionnel. Oui, mais...

    Bien que ce monde à 3 dimensions semble le seul existant, il représente notre réalité "sensorielle", c'est-à-dire une réalité subjective qui passe par la vue, le toucher et notre interprétation du monde. Or, nous savons d'expérience que nos sens peuvent nous tromper. Toutefois, rassurez-vous, une simple règle et une équerre peuvent nous prouver que notre univers présente bien 3 dimensions. 

    Et s'il y en avait plus ?

    Un univers à 4 dimensions

     

    Un univers à 4 dimensions, vous avez déjà vu ça ? En 1905, dans sa théorie de la Relativité restreinte, Einstein avait démontré que l'univers n'était pas constitué de 3 dimensions absolues plus celle du temps comme le pensait Newton, mais bien d'un continuum espace-temps à 4 dimensions dont les composantes se modifiaient en fonction de la vitesse relative des référentiels. Rappelez-vous le "paradoxe des jumeaux", le fameux "voyageur de Langevin".

    Quelques physiciens un peu idéalistes ont mis 50 ans pour croire à ces effets relativistes - où n'y ont jamais cru -, mais des expériences de physique très pointues ainsi que les phénomènes les plus violents qui se déroulent dans l'univers nous le confirment tous les jours : dans des conditions extrêmes de gravité ou d'accélération, la durée et la distance deviennent relatifs. C'est un fait, qu'on y croit ou qu'on y croit pas.

    A ce stade, un esprit critique préciserait que c'est du moins la réalité physique à notre échelle. En effet, personne n'a jamais vu la forme de l'univers dans un quark ou dans un électron, ces briques fondamentales de la nature. Or si nous voulons être logique avec nous-même et appliquer les principes de la Relativité, si on suppose que l'interaction gravitationnelle (l'attraction) et la densité d'énergie (leur compacité) sont très élevées dans ces particules, leurs effets doivent probablement affecter le tissu de l'espace-temps et peut-être même pour ainsi dire déchirer les dimensions locales de l'univers. Nous n'en avons pas encore la preuve pour la simple raison qu'on n'a jamais pu observer un quark ou un électron isolément, à peine leurs traces. Mais ce n'est pas parce que nous ne voyons pas quelque chose, qu'il n'existe pas.

    Pure spéculation d'accord, mais depuis une génération, d'innombrables travaux théoriques indiquent que c'est effectivement à cette échelle quantique que tout se complique : l'univers tridimensionnel macroscopique pourrait n'être que l'illusion d'un monde bien plus complexe à l'échelle de la réalité physique fondamentale. Comment en sommes-nous arrivé à cette idée ?

    Tout commença peu après la publication d'Einstein. En 1919, Théodore Kaluza  nous demanda de faire un effort intellectuel supplémentaire et d'envisager un univers à plus de 4 dimensions.

    Bon, d'accord, me direz-vous, nous acceptons avec plus ou moins de réticences que l'univers soit fait d'un continuum à 4 dimensions. Cela dépasse notre bon sens, mais ainsi que nous l'ont démontrées les prémisses, le bon sens est souvent l'ennemi de la logique et de la science. Ce pourrait-il que l'univers contienne plus de 3 dimensions d'espace ou plus précisément plus de 4 dimensions spatio-temporelles ? Nous sommes déjà plus sceptiques, et il n'y a pas que vous et moi. Même les scientifiques qui étudient la question reconnaissent qu'ils s'aventurent en terra incognita. Car une question demeure, où résident ces autres dimensions ?

    Accessoirement, plus d'un philosophe et physiciens se sont inquiétés de savoir si cela a un sens de s'interroger sur des choses que personne ne voit ni n'a jamais détecté ? Mais ainsi va la science, rappelez-vous son objectif. Elle s'interroge sur tout et même les questions les plus folles ou jugées métaphysiques méritent une réponse. Certes, parfois la réponse se formule difficilement, mais c'est cela aussi qui rend la chose d'autant plus belle.

    Un univers à 11 dimensions

     

    Kaluza et ses collègues spécialistes de la supergravité nous parlent depuis bientôt un siècle d'univers à plus de 4 dimensions. Dans sa version la plus moderne, la théorie M, "M" pour membranaire (ou mère de toutes les théories diront certains), les théoriciens pensent que l'Univers pourrait avoir 11 dimensions.

    Un univers à 11 dimensions, me rétorquerez-vous, mais vous avez vu ça où ? En fait sur papier. Selon les théoriciens, c'est la contrainte nécessaire pour unir la théorie de la Relativité et la théorie quantique dans une théorie plus générale et, en principe, capable de prédire de nouveaux phénomènes, et notamment d'expliquer la nature intrinsèque de la lumière, l'origine du temps et pourquoi pas, le Big Bang.

    Les théoriciens qui ont essayé d'explorer ce monde en dessous de l'échelle de Planck en sont revenus avec d'étranges idées, et il faut le reconnaître, carrément révolutionnaires. Des physiciens comme Edward Witten, Michael Green, Michio Kaku ou Stephen Hawking nous parlent d'un espace-temps à 11 dimensions, 10 dimensions d'espace plus celle du temps, contenant non plus des particules, mais des supercordes ou des membranes en vibrations qui formeraient des particules dans leur état fondamental, de plus basse énergie. Selon les théoriciens, il est possible que les 7 dimensions spatiales excédentaires aient été "compactifiées", réduites jusqu'à l'échelle de Planck, ce qui expliquerait pourquoi on ne les voit pas. Bref, il s'agit de concepts très élaborés et intéressants mais qui, pour le dire franchement, rebutent l'ancienne génération et pas mal de lecteurs, même férus de mathématiques. Certes, ces concepts existaient depuis longtemps du point de vue théorique, mais il fallait oser les appliquer à l'univers.

    A ce jour toutefois, ces étranges entités n'existent que dans la mémoire des ordinateurs car de mémoire d'homme personne n'a jamais vu les dimensions excédentaires de cet univers. Et ce n'est pas demain que nos moyens techniques nous permettront de les observer.

    Cela n'empêche pas les théoriciens de poursuivre leurs recherches, comme en son temps Einstein était à des années-lumière devant les idées des astrophysiciens et des cosmologistes.

    Le théoricien John Schwarz de Caltech pressent que la véritable équation de l'univers, la "théorie de Tout", n'a peut-être pas de dimension fixe et que les 10 dimensions émergent seulement une fois que nous avons essayé de résoudre le problème. Paul Townsend de l'Université de Cambridge partage une vue similaire quand il dit : "Toute la notion de dimensionnalité est une approximation qui émerge uniquement dans un contexte semi-classique". Si leur idée se concrétise, la théorie M pourrait être la théorie idéale. Mais ne brûlons pas les étapes!

    La notion de temps

     

    Pour Simon Saunders, philosophe de la physique à l'Université d'Oxford, le temps pourrait ne pas exister au niveau le plus fondamental de la réalité physique. En soi c'est déjà une révolution ! 

     

    Dans ce cas, qu'est ce que le temps ? Et tant que nous y sommes, pourquoi est-il obstinément omniprésent dans notre expérience quotidienne ? 

    Pour le professeur John Wheeler de l'Université de Princeton, "Le temps est la manière pour la nature d'éviter que toutes les choses se passent en même temps." 

    "La signification du temps est devenue une question terriblement problématique dans la physique contemporaine", explique Saunders. "La situation est tellement inconfortable qu'il est de loin préférable de se déclarer agnostique."

    En fait, comme tous les chercheurs, Wheeler et Saunders ne disposent pas encore de l'outil théorique leur permettant de démontrer mathématiquement la nature du temps.

    Et de fait, si la majorité des chercheurs reconnaissent que la théorie quantique est caduque, affichant de nombreux paradoxes prouvant qu'elle est incomplète, la plupart d'entre eux n'accordent pas pour autant leur crédit aux concepts les plus abstraits comme l'interprétation probabiliste, la théorie des univers multiples, l'illusion du temps ou à l'idée que l'univers aurait plus de quatre dimensions.

    Ainsi, dans un sondage informel réalisé à Cambridge en 1999, la majorité (52%) des physiciens concernés par l'informatique quantique ne partageaient aucune des interprétations actuelles (Copenhague, Bohm, Everett, etc) et restaient indécis en attendant qu'on invente une théorie plus complète.

    La théorie M va-t-elle répondre à leurs attentes ?

    Il est trop tôt pour l'affirmer. 

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